Traces d’ivresse. 

Mes Traces d’ivresse ont été réalisées avec des douelles de vieux foudres ou de tonneaux. La face intérieure est recouverte de cristaux de la couleur du vin, qui sont des sels naturels (tartrates de calcium) résidus de la vinification, l’esprit du vin. Les cristaux ont été fixés en conservant leur couleur. Le bois a été poli pour en souligner la sensualité. Il n’y a pas d’autre intervention. Les douelles sont mises volumes sur des supports métalliques et ainsi mises en mouvement dans des espaces imaginaires. Révéler la beauté en donnant à voir ; telle est mon intention.

Ces traces sont celles de l’histoire du vin. Ivresse des vendanges sous les couleurs de l’automne. Ivresse du tonnelier qui, tout à son art, a maîtrisé les chênes majestueux des forêts les plus riches. Ivresse du moût qui pétille. Ivresse des tanins que libère le bois pour se colorer de cristaux subtils. Ivresse du vigneron devant les barriques alignées dans le chai. Ivresse du verre où le vin dévoile son corps et ses senteurs. Ivresse, enfin, du buveur (avec ou sans modération). Ivresses révélées par l’éclat des cristaux qui se cachaient dans les foudres et les tonneaux.

Qui dit-vin affronte le divin. Baudelaire n’écrit-il pas : « Dieu mystérieux caché dans les fibres de la vigne. Qu’ils sont grands les spectacles du vin illuminés par le soleil intérieur ». Des fibres de la vigne à celles du chêne des tonneaux, tapissant les douelles de cristaux christiques, ce sont ces spectacles, ces ivresses, que je libère en jouant des courbures harmonieuses de ces douelles nourries d’histoire, pour les dresser en symboles aériens, trouvant et troublant des origines lointaines et incertaines.

Les socles sont réalisés par ArtDeVienne